Excursion à Besançon 2018
Besançon – The Place to Be
La devise « Comtois, rends-toi ! » (en français : « Franc-Comtois, rends-toi ! ») résume sans doute le mieux ce qui a marqué la région de Franche-Comté : le fait d’avoir été le jouet des grandes puissances. Au cours de sa longue histoire, les intérêts espagnols, français et allemands s’y sont croisés à plusieurs reprises. En 1636, par exemple, la ville de Dole, alors sous administration espagnole, fut assiégée par les forces françaises. Accompagné de son imposante armée, leur commandant lança l’appel susmentionné pour exhorter Dole à se rendre, mais se heurta à la réponse résolue des Franc-Comtois : « Nenni, ma foi ! » (en français : « Jamais de la vie ! »). Pendant trois longs mois, les Franc-Comtois ont résisté au siège, jusqu’à ce que celui-ci puisse être repoussé avec le soutien des forces espagnoles. Mais il n’y a pas que les habitants de la Franche-Comté qui soient connus pour leur détermination, les étudiants de l’Université technique de Dresde le sont aussi.
Au cours de leurs études, tous les étudiants de la Faculté de langues, de littérature et de sciences culturelles de l’Université technique de Dresde participent à des cours magistraux et à des séminaires axés sur les sciences et les théories culturelles. Dans ce contexte, on relève le défi d’examiner minutieusement, l’une après l’autre, des théories fascinantes, et on s’efforce sincèrement d’en tirer des significations pertinentes pour le passé, le présent et l’avenir. Ce processus s’effectue presque exclusivement par la lecture intensive d’ouvrages spécialisés ou par la présentation et la discussion de concepts liés aux sciences et théories de la culture dans le cadre des cours.
Mais toute théorie est aride, et nous avons donc saisi avec gratitude l’occasion de contrebalancer la charge théorique, qui peut sembler monotone à la longue, des lectures et des cours par une approche plus axée sur la pratique. Nous avons pu illustrer, concrétiser et approfondir les connaissances acquises dans le cadre du séminaire Le potentiel des lieux de mémoire régionaux : vers une identité européenne sous la forme d’une excursion. Avec l’aimable soutien de la Faculté des sciences du langage, de la littérature et de la culture et de l’Association des amis et mécènes de l’Université technique de Dresde (Gesellschaft von Freunden und Förderern der TU Dresden e.V.), 34 étudiants, accompagnés de leurs professeurs, le Prof. Dr Roswitha Böhm, Kristian Raum et Florence Walter, ont entrepris le long voyage vers Besançon, la capitale de la Franche-Comté, dans l’est de la France.
Au cours de notre excursion de six jours, du 13 au 18 mai 2018, notre motivation était d’apprendre à appréhender la ville la plus verte de France comme un lieu de mémoire régional et, par conséquent, comme un élément déterminant de l’identité européenne. Ceci s’accompagnait d’objectifs visant, d’une part, à soumettre Besançon à une analyse transnationale en tant que carrefour de l’histoire européenne dans le cadre de la recherche en sciences culturelles sur la mémoire. D’autre part, des principes didactiques essentiels liés aux excursions ont été appliqués en matière d’apprentissage historique et interculturel ainsi qu’en pédagogie muséale, et mis en œuvre sous la forme de visites guidées de la ville et des musées organisées par les étudiants.
Notre programme a été conçu conjointement par les étudiants et l’équipe d’enseignants encadrants. Il en a résulté un mélange varié d’activités, allant de visites du centre-ville, du Musée du Temps, du Musée Victor Hugo, de la Citadelle avec le Musée de la Résistance, des Instituts de linguistique appliquée et du Centre Lucien Febvre de l’Université de Franche-Comté jusqu’au Bureau des relations internationales. Au lycée Ledoux, nous avons discuté avec une classe de première des lieux de mémoire régionaux et présenté une sélection de lieux de mémoire de la ville de Dresde.
Bien sûr, l’excursion obligatoire au pittoresque château de Joux et au fort Saint-Antoine était incontournable. Même si ces deux sites étaient à l’origine des fortifications, ce dernier est notamment destiné à protéger le Comté contre les amateurs (trop) gourmands. À notre demande, nous avons eu la chance d’observer l’affinage de ce fromage légendaire et d’admirer des centaines d’énormes meules – dégustation et parfum onctueux s’échappant des sacs de souvenirs pendant le trajet du retour compris. Nous avons clôturé cette excursion fascinante par un pique-nique chez l’ancienne famille d’accueil d’une de nos étudiantes. Accueillir 38 invités n’a posé aucun problème : chacun a trouvé sa place dans le spacieux salon, a pu déguster des spécialités régionales et discuter avec les deux hôtes. Les lieux de mémoire régionaux ne sont donc pas seulement liés aux sciences culturelles, mais aussi étroitement liés à la compréhension entre les peuples.
Sebastian Franz